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Divertissement

1 h avec… kheiron : « Être en couple n’est pas une fin en soi ! »

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Public : Un spectacle basé sur l’impro, c’est dur à résumer pour la promo…

Kheiron : C’est vrai ! Le début et la fin sont écrits : je sais d’où je pars et où je vais, mais pas comment je m’y rends. En chemin, il se passe plein de choses, je m’arrête chez des gens, je rebondis sur ce qu’ils me disent en créant des personnages…

L’absence de texte n’est pas épuisante ?

Ça demande une gymnastique particulière. Je dois être alerte, retenir les prénoms des spectateurs, les infos données, me repérer dans l’espace. L’essentiel, c’est le rythme.

Certains prennent-ils mal vos vannes ?

Mais je ne clashe pas les gens ! D’ailleurs, je ne leur demande pas de monter sur scène, de se mettre en danger. Mais naturellement, il se passe des choses dans la salle. J’en mets des passages sur ma chaîne YouTube, dont je suis fier : c’est la première d’un humoriste francophone à avoir atteint 100 millions de vues. C’est très cool ! D’autant qu’en 2014, quand on m’a proposé d’en créer une, je ne voulais pas en entendre parler. J’avais dit : “Bande de ringards, YouTube ne marchera jamais ! Faut aller à fond sur Dailymotion.” (Rires.)

“Je suis très casanier”

Vous tentez souvent de caser les célibataires du public. Et vous ? Déjà pécho une spectatrice ?

Une fois, et je l’ai épousée ! Mais on a divorcé depuis…

Aujourd’hui, vous êtes casé ?

Non.

Vous voulez vous poser, devenir père ?

Je ne me pose pas la question. De toute façon, quand on a envie d’un truc, ça ne vient pas. Pour moi, ce n’est pas une fin en soi d’être en couple : ce n’est pas un échec de ne pas l’être, ni une réussite de l’être.

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Opposants au régime iranien, vos parents ont fui leur pays alors que vous étiez bébé. Ils vous ont beaucoup parlé de ce parcours ?

Oui, mais sans me saouler. Je n’en ai pas porté le poids, même s’ils ne cachaient rien. Quand je demandais “pourquoi on ne voit plus tel oncle ?”, on me répondait “ben, il est mort, tué par le Gouvernement. Tiens, passe-moi les pâtes” ! La mort était un truc naturel. Le lien que j’ai avec l’Iran a notamment été forgé par la nourriture ou encore le farsi, la langue que je parle avec mes parents. Mais pour le reste, ils m’ont élevé comme un petit Français.

Enfant, vous étiez dans l’humour ?

Oui. Pour exister petit, il faut être “le plus” quelque chose : le plus intelligent, le plus beau, le plus grand, le plus fort. Moi, je n’avais rien de tout ça. Et j’ai compris le pouvoir de l’humour. C’est le même amour des mots qui m’a poussé vers le rap. En grandissant dans le 93, ça a été naturel. Au lycée, ça m’a donné une identité : j’étais le mec qui avait sorti un album de rap !

Vous avez d’ailleurs séché le bac pour donner un concert…

Oui, mes parents l’ont très mal pris. Mon père a bac +9 ; ma mère, bac +7. Que leur fils unique ne passe même pas le bac, c’était la honte absolue pour eux ! Ils en venaient à cacher que je ne l’avais pas eu, et à sous-entendre que j’étais à la fac.

“J’ai été blacklisté par des humoristes !”

La série Bref a fêté ses dix ans. Comment avez-vous vécu la notoriété soudaine ?

D’un côté, c’était génial, car c’était une aventure entre potes. En plus, mon premier spectacle était écrit et la série a donc eu un vrai impact sur ma carrière : les gens allaient voir le spectacle de Kheiron, de Bref. Mais être identifié à un rôle d’obsédé sexuel était plus gênant… Tu deviens le copain beauf de toute la France ! Parfois je marchais dans la rue et on me hurlait “baise-la !”, la réplique de mon personnage. Le truc invivable en soirée par exemple…

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Ça vous a rendu casanier ?

Je le suis énormément. Chez moi, c’est mon havre de paix. Tout est feng shui. Je ne suis pas quelqu’un qui boit des verres, qui aime le bruit, je suis très tranquille.

En humour, le bad buzz n’est jamais loin désormais. Vous vous censurez ?

Complètement ! Pas sur scène, le seul endroit où j’ose être moi-même. Mais c’est la pire période pour l’humour. J’adore Twitter, mais quand tu es pris pour cible, c’est très dur. Des gens se retrouvent au chômage à cause de rumeurs !

Vous-même avez été ciblé quand on a dit que vous étiez CopyComic, cet internaute qui dénonce les plagiats de comiques français…

Oui. On m’a accusé d’un truc héroïque ! J’ai alors dit que je n’étais pas lui, mais que je pensais son travail nécessaire. CopyComic s’en prenant à des puissants, on m’a fait comprendre que j’aurais des problèmes. On me l’a fait payer en off. Si aujourd’hui je n’étais pas autonome dans mes projets, sur scène comme au cinéma, je ne travaillerais plus ! On m’a blacklisté. Mais je ne me plains pas : j’ai trouvé mon public, qui consomme ce que je fais.

Vous dites ne plus voter depuis longtemps. Pas d’exception en 2022 ?

Non. La politique est faite de telle sorte que le peuple ne peut pas gagner ! On te fait culpabiliser si tu ne votes pas, mais je trouve les règles faussées à la base : on sait ce qui va se passer. Il me semble y voir un scénario. Cette fois, on nous présente Zemmour comme le mec antisystème, mais c’est celui qu’on voit le plus à la télé ! J’ai le sentiment qu’il est là pour faire gagner Macron. Et puis les candidats sont financés par des puissants auxquels ils devront rendre des comptes ! Politicien ne devrait pas être un métier, mais un service temporaire rendu à l’État, avec les gens tirés au sort comme le faisaient les Athéniens. Sinon, c’est comme les NRJ Music Awards : on a beau voter, ça ne change pas notre vie. (Rires.)

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Dates clés

1. 21 novembre 1982

Naissance de Manouchehr Tabib, de son vrai nom, à Téhéran. Ses parents, opposants au régime iranien du shah, fuient vers la France en 1984.

2. Août 2011

Début de la diffusion sur Canal+ de la série Bref, dans laquelle Kheiron interprète le pote lourdingue du héros. Déjà passé par le Jamel Comedy Club, l’humoriste explose.

3. Novembre 2015

Il réalise son premier film, Nous trois ou rien, où il joue avec Leïla Bekhti. Il y raconte le parcours de ses parents et incarne son père, emprisonné pendant sept ans en Iran.

4. Janvier 2021

L’humoriste tient le rythme à Paris et en tournée avec 60 minutes avec Kheiron, un spectacle unique basé sur l’impro. On court réserver sa place sur kheiron.fr !

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Maëlle Brun

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