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Divertissement

L’UNESCO et le Bénin dédiabolisent le Vaudou avec le documentaire Sô-Ava Voodoo-Lake

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Dans un souci de « dédiabolisation » du Vaudou, religion native du continent africain, l’ambassadeur du Bénin auprès de l’UNESCO sous l’égide du président de la République du Bénin, de son ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, s’est associé à Karine Dellière pour présenter le documentaire Sô-Ava Voodoo Lake, diffusé en avant-première à l’UNESCO le 8 septembre dernier.

Le Vaudou, religion originelle du peuple africain

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Le vaudou, vodou, ou vodoun, ou encore voodoo, est le fondement culturel des peuples issus par migrations successives du Togo ; les Aja (dont les Fons, les Gouns, les Ewe… et dans une certaine mesure les Yoruba…) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria…).

Il est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l’expansion du royaume Fon d’Abomey aux xviie et xviiie siècles. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde.

Karine Dellière, une économiste européenne initiée au Vaudou

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Karine Dellière est docteur en économie, responsable innovation chez EDF depuis cinq ans et également initiée au Vaudou. Karine a vingt ans quand elle part, en 2000, étudier le fonctionnement du port autonome de Cotonou pour son mémoire de mastère en géographie.

Seule personne européenne à y travailler, ne connaissant pas les rituels, elle apprendra tout d’un groupe de jeunes ghanéennes venues apprendre la langue française : à communiquer, s’habiller, négocier, faire à manger, etc.

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C’est au cours d’une mission avec l’ONG Électriciens sans frontières qu’elle découvre le Vaudou sur les bords du lac Sô-Ava et commence son initiation. Elle vivra au Bénin durant dix ans, tout en faisant des allers-retours entre la France et le Bénin.

Initiée depuis plus de vingt ans, elle porte aujourd’hui le titre de « Tangninon », c’est à dire de conseillère traditionnelle dans le Vaudou du roi Toygbe Zola. Il lui a donc donné l’autorisation de filmer les cérémonies et la vie quotidienne de ces populations vivant au bord du lac.

« Ce documentaire de vingt six minutes n’est pas un mode d’emploi du Vaudou mais bien une petite porte par laquelle on entrerait sur le lac en abandonnant notre vision occidentale pour goûter à une culture différente régie par le Vaudou comme philosophie universelle, » précise Karine Dellière .

Le Vaudou, loin des clichés

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La ville de Sô-Ava, qui compte près de 118 000 habitants, est une cité lacustre située sur les rives du lac Nokoué, dans le sud du Bénin. Les villages qui bordent ce lac restent préservés de l’influence extérieure. Aucune autorisation n’a jamais été donnée par le roi de cette communauté pour filmer et photographier les pratiques vaudou depuis l’intérieur.

Les populations qui n’avaient jamais été filmées (cour royale, roi, représentants spirituels, habitants du lac, pêcheurs, enfants, vieilles femmes gardiennes des danses ancestrales…) ont accepté de l’être alors qu’il s’agit d’une culture où l’on craint l’image.

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Sô-Ava Voodoo Lake est un documentaire qui donne la parole aux habitants du lac qui pratiquent le vaudou originel depuis plusieurs siècles, mais cette culture spécifique étant aujourd’hui en danger, le roi Toygbe cherche à la protéger.

Très loin des clichés véhiculés encore aujourd’hui, il s’agit à travers ces quelques images, de montrer une autre image du vaudou séculaire, intégrée à la vie quotidienne, de manière à permettre aux diasporas du Brésil, d’Haïti, de la Nouvelle-Orléans, de Cuba …

Pas d’images de possession, de poupées vaudou garnies d’épingles, de sacrifices, de sorcellerie, mais une mise en avant de valeurs telles que l’équilibre de la nature, le respect des ancêtres, la communication avec les divinités…

Plutôt des interviews de femmes, de pêcheurs, du roi Toygbe Zola, de la « Tangninon » (autrement dit la gardienne spirituelle du roi), de membres de la cour royale, du maire… exprimant ce qu’est le Vaudou du quotidien.

Ainsi, ce sont les messages et les craintes de ces populations qui sont retranscrites dans le cadre mystérieux du lac Nokoué.

Le Vaudou, enjeu identitaire pour les Africains et afro-descendants ?

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Dans un discours présenté avant le documentaire, le président de la République du Bénin, Patrice Talon défend la nécessité pour les africains de reconnaître, de revendiquer et d’être fiers de ce qui leur a été légué par les ancêtres.

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« Nous n’avons pas l’intention de faire la promotion de la religion Vodou mais nous devons reconnaître que nous avons une histoire, une origine. Nous venons de quelque part ! Nous devons reconnaître l’identification de ce qui fait l’histoire de notre continent.

Les touristes vont dans le monde entier pour visiter des mosquées, des temples. Cela ne veut pas dire que ces touristes vont pratiquer la spiritualité liée à ces cultures mais la curiosité les pousse sur ce chemin. L’Afrique doit savoir vendre sa culture sans complexe et elle a beau être chrétienne, musulmane, parfois même bouddhiste, elle n’en reste pas moins de culture Vodou », a-t-il scandé.

Et l’ambassadeur du Bénin auprès de l’UNESCO Eusèbe Agbangla de terminer la soirée de présentation en mettant en avant le projet dévoilé par le ministère de la culture le 17 février 2022, pour l’édification de quatre nouveaux musées aux enjeux à la fois identitaire et économique, dont un futur musée du Vaudou à Porto-Novo.

L’objectif étant de permettre de garder la trace de ce culte pluri centenaire, permettre aux africains et afro-descendants de mieux le comprendre et de valoriser un patrimoine de la culture africaine propre à l’identité du continent.

CR Photo Olivier Thibaud

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